Pour l’humain en nous

Le grain de l’image est un peu flou, comme embué. On y voit des hommes, dans la rue, dans des bars, dans  des magasins. Puis les matraques sont sorties. Les policiers frappent. Violence. Cris.

Les cinq premières minutes du film Milk, de Gus Van Sant, suffisent à me faire réaliser toute la chance que j’aie d’assister à cette représentation, confortablement assise en compagnie de Sam.  Tout comme Harvey Milk, protagoniste principal de l’oeuvre, Sam est gay, mais lui a eu la chance de naître à une époque où les combats pour l’égalité étaient déjà entrepris. Pas encore gagnés, par contre.

Le film, magnifique de subtilité, d’images fortes et d’humanité, nous fait entrer dans la vie du premier politicien californien ouvertement gay ayant obtenu un poste de superviseur, en Californie. C’était en 1978. Nous assistons à sa rencontre avec l’homme qui deviendra l’amoureux d’une vie, alors que rien encore ne le promettait à une carrière de politicien. Avec son copain, Milk s’installe à San Francisco, espérant ainsi plus de liberté, plus d’ouverture. Ce sont les aggressions et l’intolérance envers les gays de son quartier qui poussera Milk à entrer dans le monde qui deviendra le sien jusqu’à sa mort : l’activisme.  Au cours des deux heures que durent le film, nous découvrons ses combats, son ascension, ses relations, parfois chaotiques, ses victoires. Surtout, nous sommes témoin d’une incroyable leçon d’humanité.

En effet, personne n’aura été rejeté ou mis de côté, dans le combat d’Harvey Milk. Qu’ils aient été jeunes, perturbés, prostitués, lesbiennes et même chrétien conservateur, tous ont trouvé leur place dans la vie de cet homme, dans son combat contre la violence et pour la liberté d’être soi-même. Ironiquement, la fin tragique d’Harvey Milk n’est pas liée à son orientation sexuelle, mais plutôt à la folie d’un homme et à l’acharnement de l’activiste pour arriver à ses fins.

Une fois dehors, avec Sam à mes côtés, j’ai pris conscience de ce qui a été accompli jusqu’à maintenant, par des gens souvent dans l’ombre, souvent oubliés une fois disparus. J’ai pris conscience des acquis, mais aussi de tout ce qui reste à faire. Dans cette même Californie qui a élue Harvey Milk en 1978, cet été seulement, une loi permettant le mariage pour les couples gays a été renversée, réduisant à néant le travail de milliers d’activistes américains. Ce film nous montre qu’il faut encore se retrousser les manches et continuer à se battre contre l’homophobie, question de permettre à tous d’aimer qui ils veulent, sans contraintes, sans peur.

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~ par Chantal N. sur 23 janvier 2009.

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