Les demies-craintes et la grand’ville

Je l’avoue : je viens d’une région. Ou de LA région. Je ne sais plus trop comment nommer ce vaste espace autour de Montréal, plein de diphtongaisons, de déclarations contre la lapidation et de champs de pot maïs. Mes parents pas-très-citadins ont donc vu d’un œil torve mon déménagement dans la grand’ville. Ils imaginaient les pires scénarios : vols, meurtres, viols, rats, coquerelles, grève des transports en commun… (Bon, je l’avoue, la dernière, c’était plus ma crainte à moi.) Quelle ne fut pas ma surprise de constater, il n’y a pas si longtemps, que ces craintes n’étaient pas sans fondement…mais seulement à moitié. Je m’explique.

Mi-novembre, 17h30, rue Laurier (pour les incultes, c’est une rue très passante, sur le Plateau, pas réputé pour être un quartier très dangereux). Je marche, cellulaire en main, mes talons hauts claquant sur le ciment. Un mec marche trois pas devant moi et je me dis, un instant, que je dois sûrement l’agresser avec mon kit de petite montréalaise urbaine. Du coin de l’œil, je le vois soudain ralentir, s’arrêter à ma hauteur et…il me plaque d’un coup d’épaule! La seconde suivante, il a repris sa position à trois pas devant moi, pendant que, sans obtenir de réaction, je lui crie après. Résultat : un placage en règle, pas de vol, pas de mal, un orgueil légèrement escamoté et une totale incompréhension.

Décembre, vacances des Fêtes. On est dimanche matin, je suis dans mon lit, je déjeune en regardant une série télé. Une odeur de brûlé persistante me chatouille soudain les narines (j’ai les plus belles narines du monde, dixit un client du club vidéo qui a payé mon bac. Quoi? Faut toujours bien le préciser!). Évidemment, je panique. J’appelle mon père qui, bien sûr, me dit d’appeler mes proprios. Quinze minutes plus tard, j’ai mes proprios, dix pompiers et Hydro-Québec dans ma cuisine. Ma boîte électrique est en train de fondre, le mur est noirci et j’ai failli passer au feu, à quelques heures près. Finalement, j’en aurai eu pour deux jours à manquer d’électricité et à me chercher des toits pour dormir.

Le constat? Mes parents n’avaient pas tort, Montréal m’est tombée dessus à bras raccourcis. Ou disons, à demi-bras raccourcis, parce qu’il ne m’est arrivé que des demis-malheurs : je suis fait à moitié attaquée, j’ai presque passée au feu.  Je me dis donc que l’invasion qui m’attend certainement au cours des prochains mois ne m’apportera pas son lot de gros rats gris, mais plutôt quelques hamsters en manque d’affection…

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~ par Chantal N. sur 21 janvier 2009.

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