Des sacoches et des mots

•20 février 2009 • 6 commentaires

Récemment, je suis allée me magasiner une sacoche. Je rentre dans la boutique, me dit intérieurement que j’haïs tout ce qui est doré, gigantesque, à paillettes mauves ou à rayures jaune moutarde et brun. Et c’est tout ce que je vois. Je pile donc sur mon orgeuil et demande conseil à la vendeuse. Une dame d’un certain âge qui abuse visiblement du spray-net. Je m’interroge quelques secondes, question de trouver comment expliquer mon idée de manière non-compromettante, puis je me lance :

-Oui, bien, je me cherche un sac. Pas une sacoche. Un sac pas trop grand, mais assez grand pour contenir une paire de souliers et du linge pour une journée.

-Ah! Un baise-en-ville! qu’elle me répond.

Je reste bouche bée. Ouin, bien, je viens de me faire enlever les mots de la bouche, moi…

Épisode 1.0 – C.V. Story

•18 février 2009 • 4 commentaires

À peine un mois sur la blogosphère et j’ai déjà négligé la bête. Ni abandon, ni prétexte pour découvrir qui me lit derrière l’explication. Plutôt, je suis à nouveau (!) en recherche d’emploi et mes soirées sont consacrées à la rédaction de lettres de présentation, à la recherche d’offres intéressantes et à la refonte de c.v. Ce que j’écris ces temps-ci ressemble à : Madame, Monsieur, Par la présente, bla bla bla…  Rien de bien croustillant! Si bien que je me suis dit que mon prochain billet pourrait en être un de blogue-vérité. Ou disons, de lettre de présentation-vérité. Parce que bien sûr, tout ce que j’y écris, dans ces lettres, est archi-vrai : je suis dynamique, et fiable, et créative, et souple, et bilingue, et… vous comprenez le portrait? Mais en fait, permettez-moi une petite analyse rapide, question d’apprendre à lire entre mes lignes :

  • Dynamique et créative…surtout après trois cafés bien corsés
  • Français et anglais impeccables…et je peux même vous jaser ça en allemand après 3 bières!
  • Sociable, facilité à m’intégrer…donc, évidemment, je vais me retrouver avec l’organisation des 5 à 7 sur les bras
  • Structurée et organisée…mais je laisse traîner de la vaisselle sale dans l’évier et il y a toujours plein de miettes de bouffe sur mon clavier
  • Soucieuse de l’éthique et de l’environnement…mais j’abuse allègrement des Post-it. Ça se recycle, au fait, ces p’tits trucs-là?
  • À l’affût des nouvelles technologies…même si j’engueule quotidiennement mon ordi comme du poisson pourri

Finalement, je pense qu’on peut aussi ajouter que je suis honnête et intègre, non?

Un grand pas pour Chantou, un petit pas (de plus) pour l’humanité

•27 janvier 2009 • 5 commentaires

Avec le temps, c’en est presque devenu un running gag : je suis la Claire Lamarche du petit peuple et j’ai reçu plus de confessions qu’un prêtre de la mafia italienne. Il semble que mon air angélique, mes bonnes joues et mes grands yeux inspirent confiance, parce que je peux vous raconter la vie intime et moins intime d’un gros paquet d’inconnus. Dans la rue, au club vidéo ou sur un banc de parc, rien n’arrête les gens dans leur besoin de me confier hernie discale, peine d’amour, quête spirituelle, psychologie des faciès, troubles gastriques, divorce, et j’en passe. Évidemment, je suis incapable de résister : dotée d’un syndrome aigu de la Mère Térésa (doublée d’une curiosité parfois malsaine, je dois l’admettre…), je cours pour sauver la veuve, le veuf et l’orphelin. Pis pourquoi pas le chien et les poissons un coup partie!

Tout ça m’a amenée à me mettre dans des situations parfois abracadabrantes, mais souvent inconfortables pour moi. Je me suis retrouvée avec une réputation (non-fondée, je le jure) de commère et je me suis mise les pieds dans les plats à quelques reprises. Pour exorciser le confessionnal ambulant que je suis, j’ai décidé cette année de concentrer mes efforts dans un but précis. C’est après avoir assisté à l’enregistrement de Bazzo.tv que j’ai décidé d’avoir une résolution pour 2009 : le bénévolat. C’était le sujet de l’épisode et ça m’a ouvert les yeux : il s’agit d’une excellente façon de canaliser mon besoin d’aider tout ce qui a un regard piteux, et en plus, je fais ma part dans tout ça. J’ai réalisé que changer les choses, m’impliquer socialement, ce n’est pas nécessairement de partir en Afrique pendant six mois à faire de l’aide humanitaire. Ça peut simplement être d’aider quelqu’un qui a eu moins de chance, autour de moi, dans ma ville.  Alors voilà : en 2009, je veux faire découvrir un peu de magie à des inconnus à travers la lecture et l’alphabétisation.

À la sauce Twitter

•23 janvier 2009 • Laisser un commentaire

Cinquante minute avant la fin de semaine. Au menu : igloo, trance, froid, alcool,bazar cinématographique, pain cannelle-raisin, paresse matinale en agréable compagnie et probablement un p’tit chaton evil qui va vouloir manger mes cheveux. Je veux faire avancer le temps…

Pour l’humain en nous

•23 janvier 2009 • Laisser un commentaire

Le grain de l’image est un peu flou, comme embué. On y voit des hommes, dans la rue, dans des bars, dans  des magasins. Puis les matraques sont sorties. Les policiers frappent. Violence. Cris.

Les cinq premières minutes du film Milk, de Gus Van Sant, suffisent à me faire réaliser toute la chance que j’aie d’assister à cette représentation, confortablement assise en compagnie de Sam.  Tout comme Harvey Milk, protagoniste principal de l’oeuvre, Sam est gay, mais lui a eu la chance de naître à une époque où les combats pour l’égalité étaient déjà entrepris. Pas encore gagnés, par contre.

Le film, magnifique de subtilité, d’images fortes et d’humanité, nous fait entrer dans la vie du premier politicien californien ouvertement gay ayant obtenu un poste de superviseur, en Californie. C’était en 1978. Nous assistons à sa rencontre avec l’homme qui deviendra l’amoureux d’une vie, alors que rien encore ne le promettait à une carrière de politicien. Avec son copain, Milk s’installe à San Francisco, espérant ainsi plus de liberté, plus d’ouverture. Ce sont les aggressions et l’intolérance envers les gays de son quartier qui poussera Milk à entrer dans le monde qui deviendra le sien jusqu’à sa mort : l’activisme.  Au cours des deux heures que durent le film, nous découvrons ses combats, son ascension, ses relations, parfois chaotiques, ses victoires. Surtout, nous sommes témoin d’une incroyable leçon d’humanité.

En effet, personne n’aura été rejeté ou mis de côté, dans le combat d’Harvey Milk. Qu’ils aient été jeunes, perturbés, prostitués, lesbiennes et même chrétien conservateur, tous ont trouvé leur place dans la vie de cet homme, dans son combat contre la violence et pour la liberté d’être soi-même. Ironiquement, la fin tragique d’Harvey Milk n’est pas liée à son orientation sexuelle, mais plutôt à la folie d’un homme et à l’acharnement de l’activiste pour arriver à ses fins.

Une fois dehors, avec Sam à mes côtés, j’ai pris conscience de ce qui a été accompli jusqu’à maintenant, par des gens souvent dans l’ombre, souvent oubliés une fois disparus. J’ai pris conscience des acquis, mais aussi de tout ce qui reste à faire. Dans cette même Californie qui a élue Harvey Milk en 1978, cet été seulement, une loi permettant le mariage pour les couples gays a été renversée, réduisant à néant le travail de milliers d’activistes américains. Ce film nous montre qu’il faut encore se retrousser les manches et continuer à se battre contre l’homophobie, question de permettre à tous d’aimer qui ils veulent, sans contraintes, sans peur.

Les demies-craintes et la grand’ville

•21 janvier 2009 • Laisser un commentaire

Je l’avoue : je viens d’une région. Ou de LA région. Je ne sais plus trop comment nommer ce vaste espace autour de Montréal, plein de diphtongaisons, de déclarations contre la lapidation et de champs de pot maïs. Mes parents pas-très-citadins ont donc vu d’un œil torve mon déménagement dans la grand’ville. Ils imaginaient les pires scénarios : vols, meurtres, viols, rats, coquerelles, grève des transports en commun… (Bon, je l’avoue, la dernière, c’était plus ma crainte à moi.) Quelle ne fut pas ma surprise de constater, il n’y a pas si longtemps, que ces craintes n’étaient pas sans fondement…mais seulement à moitié. Je m’explique.

Mi-novembre, 17h30, rue Laurier (pour les incultes, c’est une rue très passante, sur le Plateau, pas réputé pour être un quartier très dangereux). Je marche, cellulaire en main, mes talons hauts claquant sur le ciment. Un mec marche trois pas devant moi et je me dis, un instant, que je dois sûrement l’agresser avec mon kit de petite montréalaise urbaine. Du coin de l’œil, je le vois soudain ralentir, s’arrêter à ma hauteur et…il me plaque d’un coup d’épaule! La seconde suivante, il a repris sa position à trois pas devant moi, pendant que, sans obtenir de réaction, je lui crie après. Résultat : un placage en règle, pas de vol, pas de mal, un orgueil légèrement escamoté et une totale incompréhension.

Décembre, vacances des Fêtes. On est dimanche matin, je suis dans mon lit, je déjeune en regardant une série télé. Une odeur de brûlé persistante me chatouille soudain les narines (j’ai les plus belles narines du monde, dixit un client du club vidéo qui a payé mon bac. Quoi? Faut toujours bien le préciser!). Évidemment, je panique. J’appelle mon père qui, bien sûr, me dit d’appeler mes proprios. Quinze minutes plus tard, j’ai mes proprios, dix pompiers et Hydro-Québec dans ma cuisine. Ma boîte électrique est en train de fondre, le mur est noirci et j’ai failli passer au feu, à quelques heures près. Finalement, j’en aurai eu pour deux jours à manquer d’électricité et à me chercher des toits pour dormir.

Le constat? Mes parents n’avaient pas tort, Montréal m’est tombée dessus à bras raccourcis. Ou disons, à demi-bras raccourcis, parce qu’il ne m’est arrivé que des demis-malheurs : je suis fait à moitié attaquée, j’ai presque passée au feu.  Je me dis donc que l’invasion qui m’attend certainement au cours des prochains mois ne m’apportera pas son lot de gros rats gris, mais plutôt quelques hamsters en manque d’affection…

Débuts turbulents

•20 janvier 2009 • Un commentaire

En août dernier, je me faisais à peu près cette idée de mon arrivée à Montréal : beaucoup de shows de groupes émergeants, des vêtements plus fashion qu’à Sherbrooke, des thés/bières/chocolats chauds en compagnie de mes meilleurs amis JUPE, un certificat ultra-enrichissant en études féministes, des cours d’escalade, des visites hebdomadaires dans les bouquineries/à la Grande bibliothèques, de nouvelles rencontres générant tout plein de connections, des visites dans les musées, des rétrospectives cinématographiques, pleins de nouveaux CD dans ma collection,… Bref, vous voyez le genre. Je m’en étais mis pas à peu près sur les épaules. Mes attentes démesurées légèrement too much n’ont pas toutes été comblées, on s’en doute bien. J’en ai quand même eu pour mon argent : j’ai lâché l’école, trouvé un emploi, généré un trop-plein de rencontres qui m’ont remise en question sur mes intérêts (mais m’ont fait me sentir irrésistiblement charmante!), refait mon cv une bonne dizaine de fois, maîtrisé les autobus montréalais, découvert que le masculinisme m’horripile autant qu’il me fascine…mais je n’ai toujours pas sorti un livre de la B.A.N.Q. J’y suis inscrite par contre! J’ai aussi commencé les cours d’escalade et vu mes amis autour de boissons diverses, mais pas assez à mon goût (les amis, pas la boisson). Finalement, la nouvelle année commence, avec son lot d’angoisses et de défis, et je réalise que peu de moments dans ma vie auront demandés de ma part autant de Ooms. Je ne peux pas dire que je n’aime pas, moi qui désespère à l’idée d’une vie banale. Mais je me souhaite tout de même un peu plus de réalisations personnelles dans tout ça, et un peu moins de turbulences. Du moins, pour le premier quart de l’année!

 
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